9.4.06

Les “corses” de Delanoë


Sous Chirac, c’étaient les corréziens, sous Tibéri, les corses. Avec Delanoë, ce sont les homosexuels qui font l’objet de toutes les attentions de la part de la municipalité. Les maires passent, les pratiques demeurent… Plus que le montant des largesses et autres faveurs accordées par la mairie, c’est surtout la conception de la vie politique qu’elles manifestent et leur contribution à l’intérêt général qui pose problème.

Et gare à ceux qui auraient l’impudence de dénoncer la permance du clientélisme à Paris ! Enquête exclusive du Perroquet Libéré sur les chouchous du maire.

« On a les clés ! »…

Le 18 mars 2001, à peine annoncée à la télévision la nouvelle de l’élection à la mairie de Paris de Bertrand Delanoë, des milliers de parisiens se sont rassemblés sur la place de l’Hôtel de Ville en agitant bruyamment leur trousseau de clés en signe de victoire. Une foule composée en partie d’homosexuels venus des bars du Marais, à quelques mètres de là, certains allant même jusqu’à dérouler un étendard arc-en-ciel sur le parvis de la mairie. Il faut dire que ceux-là ne se réjouissent pas seulement du basculement à gauche de la capitale et saluent avant tout la victoire d’un candidat qu’ils considèrent comme un des leurs depuis son “coming-out” télévisé pendant la campagne électorale.

Un amour que le nouveau maire ne tardera pas à leur rendre au travers de multiples faveurs à destination des militants homosexuels. En désignant immédiatement parmi ses proches collaborateurs un chargé de mission responsable des « relations avec la communauté homosexuelle », Bertrand Delanoë a littéralement ouvert un guichet destiné aux associations qui constituent la mouvance gay.

Des subventions tous azimuts

Ainsi, le 18 juin 2001, quatre-vingts associations homosexuelles ont été conviées à l’Hôtel de Ville pour rencontrer des conseillers du maire de Paris ainsi qu’une dizaine de maires adjoints. Pour la plus grande satisfaction des militants réunis, la municipalité s’est engagé à soutenir le mouvement communautaire. Philippe Lasnier a ainsi relaté l’événement aux journalistes du site gay.com : « Des associations très revendicatrices ont dit “Je crois rêver, pincez moi !” Quelqu’un a aussi dit “C’est historique !” même si ça me semblait normal » (1).

La boîte de Pandore étant ouverte, les subventions n’ont pas tardé à pleuvoir sur tout ce qui se présentait sous l’étiquette homo. Le Centre Gai et Lesbien de Paris, SOS Homophobie, le Syndicat National des Entreprises Gaies ou Act Up Paris (association pourtant connue pour ses actions violentes…) ont rapidement bénéficié de la manne de l’aide municipale. Melo’Men, le « chœur international gai de Paris », dont le principe même insulte la vocation universelle des arts, fut financé à hauteur de 5.000 euros tandis que MAG-Jeunes Gais, une association destinée aux « jeunes gays de 16 à 26 ans » reçut à la fin de l’année 2001 une subvention de 100.000 francs dont le montant fut porté à 23.000 euros à l’occasion de son renouvellement pour l’année 2002. Un généreux arrondi pour le passage à l’euro !

On se demande souvent en quoi les associations militantes financées par la Ville de Paris contribuent à l’intérêt général : 6.000 euros en 2004 pour les “juifs homosexuels” de Beit Haverim, 5.500 euros pour l’association Gay Lesbienne Handicap qui a moins de 50 adhérents, 4.000 pour les “sportifs gay” de la CGPIF, 15.000 euros pour les transsexuels de PASTT, 7.500 euros pour l’ARDHIS qui soutient les sans-papier homo, 43.000 euros en tout pour l’association des parents gay et lesbiens (APGL), 5.000 euros pour les parents d’homosexuels regroupés au sein de l’association Contact, 3.000 euros pour DEGEL, l’association des étudiants homos de Jussieu… Chaque thématique associative a sa déclinaison communautaire et la subvention municipale qui correspond.

On remarque d’ailleurs que Bertrand Delanoë, qui se pose volontiers en champion de la lutte contre les discriminations, ne rechigne pas, lorsqu’il s’agit du mouvement gay, à financer des associations ouvertement discriminatoires. C’est ainsi que la municipalité soutient financièrement Cineffable, un festival de films lesbiens interdit aux hommes, ou encore les “archives lesbiennes d’ARCL, une association fière de sa “non-mixité”. Et que dire du soutien apporté au Centre Gai et Lesbien alors même que cette association a fait l’objet d’une condamnation pour avoir harcelé un salarié au motif de son… hétérosexualité ! (2)

Il apparaît en outre que certaines de ces subventions ont été attribuées au mépris de la déontologie la plus élémentaire. Ainsi, l’association de « nageurs gay et lesbiens » Paris-Aquatique a reçu 7.000 euros alors qu’elle comptait parmi ses responsables Philippe Lasnier, le fameux « Monsieur Gay » au cabinet du maire, dont le talent pour récupérer des fonds lui a valu de se voir confier par ses camarades le « sponsoring » du club. Quant à des associations comme Prochoix, l’APGL, SOS Homophobie ou Act Up Paris, elles pouvaient compter sur le soutien d’un de leurs adhérents, Christophe Girard. Le fait d’avoir lui-même présidé par le passé le Festival du Film Gay et Lesbien de Paris n’a pas non plus empêché l’adjoint à la culture de verser plus de 100.000 euros à cette manifestation communautaire depuis 2001. Sans compter les salaires versés à des militants sous le prétexte de mettre en place un très dispensable “centre d’archives homosexuelles” (3) ou de dispenser au personnel municipal des “formations pour une approche de la question gaie” (4). Sans compter non plus le soutien logistique (sous forme de salles notamment) fourni par la ville à des manifestations comme l’élection de Miss Transsexuelle ou des fêtes associatives au profit de fédérations sportives (Gay Games, Franco Games, Aquafolies) ou de business communautaires comme Gay Travel.

Subventions accordées au mépris de la déontologie et parfois même à l’encontre des principes républicains, primauté du copinage sur l’intérêt général, passe-droits, gabegie financière… Tout ceci exhale un parfum de scandale qui n’est pas sans rappeler l’ère Tibéri. Les personnages ont changé, mais le scénario reste le même. Les homosexuels sont en effet à Bertrand Delanoë ce que les corses étaient à Jean Tibéri : une clientèle. Une clientèle pour qui rien n’est trop beau et qui est d’autant plus fidèle qu’elle est bien servie. Annonçant son homosexualité à la France entière -qui n’avait rien demandé-, Bertrand Delanoë disait espérer que « les gens s’en foutent ». La vie intime de Bertrand Delanoë ne regarde en effet que lui mais il n’est pas sûr que « les gens se foutent » que leur maire ait donné de nombreux gages au communautarisme gay avec l’argent du contribuable, au point d’engager la municipalité dans la voie d’une dérive tibériste.

Des abus qu’il serait interdit de critiquer

Depuis qu’il a pris son envol en 2002, Le Perroquet Libéré s’est fait une règle de ne rien cacher à ses lecteurs des extravagances du copinage municipal envers les militants gay. La municipalité qui, misant notamment sur la lâcheté -voire la connivence (5)- de la droite, comptait bien poursuivre discrètement sa politique clientéliste et communautaire en faveur des homosexuels en a beaucoup voulu au Perroquet d’avoir déchiré le rideau en la matière. Elle s’empressa évidemment de taxer d’homophobie cet excès de curiosité bien embarrassant pour ses petites combines. Mais, force est de constater néanmoins que, si Le Perroquet commente l’actualité, il ne la fait pas. Il ne fait qu’informer de façon systématique ses lecteurs sur une politique de soutien systématique en faveur du mouvement gay. En outre, si les grands médias ne se voilaient pas la face et abordaient davantage cet aspect de l’action du Maire de Paris, Le Perroquet en parlerait sans doute moins.

Bien décidé à ne pas se laisser intimider, Le Perroquet fait confiance à la capacité de jugement et à l’esprit critique de ses lecteurs. Ils ne sont pas dupes et savent que, de nos jours, homophobe ne veut plus dire homophobe (6) mais désigne simplement ceux qui ne reculent pas devant le politiquement correct et les discours victimaires pour critiquer les errances d’un phénomène communautaire aussi dangereux pour l’égalité que pour la liberté.

Source : Le Perroquet Libéré

(1) Lire ici
(2) Lire l’article du Perroquet Libéré
(3)Lire l’enquête du Perroquet Libéré : cliquer ici
(4) Pour comprendre le circuit de financement, se référer au schéma établi par l’Académie Gay et Lesbienne : cliquer ici
(5) La droite municipale a elle aussi voté la subvention accordée au centre d’archives homosexuelles en 2002.
(6) Par exemple, Act Up et SOS Homophobie, associations subventionnées par la mairie, ont uni leur voix à celle de Christophe Girard pour taxer d’homophobe Lionel Jospin, le premier ministre qui a fait voter le pacs, au motif qu’il s’était exprimé contre le mariage homosexuel…