29.1.06

Tout ce que vos enfants ont toujours voulu savoir sur le sexe sans penser à le demander


Le CRIPS d’Ile-de-France, présidé par Anne Hidalgo, diffuse auprès d’écoliers pré-pubères une brochure orientée et particulièrement crue sur la sexualité. Un exemple parmi d’autres des méthodes de prévention contestables de cet établissement public chargé de lutter contre le sida.
Le document se présente comme une petite bande dessinée aux couleurs vives. Ou plutôt deux : la première est intitulée Les filles, Guide du corps féminin en-dessous du soutien-gorge, la seconde Les garçons, Guide du corps masculin au-dessous de la ceinture. Dans la novlangue politiquement correcte, on les décrira comme une suite de dessins ” sexuellement explicites”.
Comme l’indique (1) la présentation , il s’agit d’une “brochure sans fausses pudeurs destinée aux pré-adolescents” (c’est-à-dire des enfants de 10-12 ans…).

Avec ce livret en poche, ils seront incollables sur la masturbation, franchement encouragée (C’est sans danger. Fais-le si tu veux. Certains le font tous les jours. D’autres moins souvent”), la première fois et la pose du préservatif (masculin et féminin).

Celles et ceux qui s’interrogeraient sur leur “orientation sexuelle” malgré leur jeune âge (”Tu peux avoir de l’attirance sexuelle pour les hommes, pour les femmes ou pour les deux : ne te laisse pas enfermer par ce que les autres disent”), ils sont sagement orientés vers la Ligne Azur, un serveur téléphonique animé par René-Paul Lératon qui se définit lui-même comme un “militant” de la cause homosexuelle et qui est aussi un spécialiste de la pornographie gay (il est l’auteur de l’ouvrage de référence sur cette question : Le film porno gay, Histoire, représentations, construction d’une sexualité).

Les moins regardants sur la toilette intime se voient quant à eux conseiller la circoncision hygiénique sur la base de statistiques fantaisistes (on lit dans la brochure Les garçons que “à peu près la moitié des hommes dans le monde sont circoncis dans l’enfance” alors que les scientifiques parlent plutôt d’une proportion de 20% qui tient surtout aux convictions religieuses des juifs et des musulmans).

Cet édifiant guide est édité par le CRIPS (Centre régional d’information et de prévention du sida) d’Ile-de-France. Le CRIPS d’Ile-de-France est un établissement public financé par la région, la Ville de Paris, la préfecture, le ministère des affaires étrangères et la caisse régionale d’assurance-maladie. A ce titre, il est présidé par Anne Hidalgo, première adjointe de Bertrand Delanoë, la vice-présidence étant occupée par le préfet Bertrand Landrieu, ancien directeur de cabinet de Jacques Chirac.

Sous prétexte de lutter contre le sida, le CRIPS est à l’origine d’autres initiatives iconoclastes comme “Le manège enchanté”, un plateau tournant d’où jaillissent “cinq phallus en résine, de tailles et de couleurs différentes” (cliquer ici). De quoi s’entraîner au “Championnat du monde de pose de préservatif” qu’organise le CRIPS dans le cadre du festival Rock en Seine les 25 et 26 août.

Fort du consensus politique qui semble entourer ses activités, le CRIPS se targue aussi de lutter contre la drogue. Non sans une certaine confusion. Ainsi, dans son Glossaire sur les drogues licites et illicites” (cliquer ici), le CRIPS regroupe dans le même sac les drogues dites douces, les drogues dures, les médicaments, l’alcool, le tabac et le café. Cet amalgame pourrait être louable en termes de santé publique s’il n’aboutissait pas une indifférenciation entre les méfaits des différentes addictions. La cocaïne est ainsi définie sans plus d’avertissement comme un “produit psychoactif d’origine naturelle, appartenant à la famille des stimulants” tandis que l’héroïne est décrite comme un “produit psychoactif semi-synthétique appartenant à la famille des sédatifs”. Un bel exemple de “fausses pudeurs” !

Autant d’aberrations qui posent la question de l’usage que fait le CRIPS des fonds publics destinés aux missions nécessaires que sont la prévention du sida et la protection de la jeunesse.

———————–
(1) Ou plutôt comme l’indiquait la présentation car, depuis la publication de cet article du Perroquet, le CRIPS a prudemment remplacé “pré-adolescents” par “adolescents”. Le Perroquet Libéré se félicite d’être lu avec autant d’attention par les employés du CRIPS !

Source : Le Perroquet libéré