29.1.06

Peut-on faire payer aux gosses les opinions de leurs parents ?


Octobre 2005

Il y a quelques mois, le cabinet du maire de Paris a sérieusement envisagé de couper les vivres à trois haltes-garderies en représailles à un tract d’une association catholique.

Visiblement outrée par un tract diffusé par la très pacifique Fédération des Associations Familiales Catholiques de Paris, la municipalité avait envisagé de poursuivre cet organisme en s’appuyant sur la loi anti-homophobie votée par le Parlement à la fin de l’année 2004. Le 18 février 2005, par l’intermédiaire de la chargée de mission responsable de la jeunesse, de la petite enfance et de la famille, le cabinet du maire de Paris avait aussi interrogé la direction des affaires juridiques de la Ville sur la possibilité de sucrer les subventions versées à trois AFC assurant des haltes-garderies.

Alors que Paris souffre d’une dramatique pénurie de places en crèche, la Ville était donc prête à en menacer plusieurs dizaines par sectarisme !

Heureusement, la réponse du directeur juridique, datée du 18 mars 2005, est sans équivoque .
La loi anti-homophobie ne permet pas de jeter en prison ceux qui expriment une opinion critique sur l’homosexualité, dût-elle déplaire au maire de Paris : “les propos contenues dans le tract des AFC ne peuvent faire l’objet d’aucune qualification pénale”.

En outre, le directeur juridique de la Ville de Paris met en garde le cabinet du maire quant à l’illégalité de mesures de rétorsion visant à supprimer les subventions d’associations assurant une prestation au motif que de leurs opinions : “le non-renouvellement total ou partiel des subventions versées à ces trois AFC ne pourrait s’apprécier qu’au regard des conventions passées avec ces associations et de la qualité des services rendus dans les haltes-garderie”.

Il faut vraiment que Bertrand Delanoë soit satisfait de son bilan en matière de crèches pour être prêt à sacrifier trois haltes-garderies sur l’autel de sa cathophobie et de sa paranoïa !

Clovis Barbier