29.1.06

Les pouvoirs publics soutiennent l’organisation de Jeux «olympiques» homosexuels à Paris en 2010

La grande marche vers le différentialisme culturel se poursuit. Au nom de la “tolérance” et de “l’intégration des lesbiennes, des gays, des bisexuels et des transgenres dans la société”, la Mairie de Paris et la Région Ile-de-France ont apporté leur soutien aux militants homosexuels de Paris Games 2010 qui présentent la candidature de Paris pour les Gay Games de 2010. Cette manifestation sportive fondée sur un différentialisme sexuel radical présage d’un modèle de société où les groupes culturels, ethniques ou sexuels commueraient dans une logique de ghetto identitaire.

Les Gay Games ont été lancés aux Etats-Unis où ils se tiennent le plus souvent. La première édition a eu lieu en 1982 à San Francisco. Le concepteur des Gay Games, Mark Waddell, un athlète ayant participé aux Jeux Olympiques de Mexico en 1968, avait comme idée de libérer le sport de l’esprit de compétition tout en offrant une vitrine positive aux homosexuels (1). Pour lui, l’essentiel n’était pas de gagner mais de faire participer les homosexuels…

Les Gay Games se sont développés progressivement, à mesure que s’affirmait le mouvement homosexuel. En marge des rencontres sportives, les organisateurs ont pris l’habitude d’organiser des fêtes et des manifestations culturelles destinées à “promouvoir les talents et la créativité de la communauté gay et lesbienne”. La dernière édition s’est déroulée en 2002 à Sydney, en Australie, où 13.000 participants venus de 80 pays se sont mesurés dans une vingtaine de disciplines.

Les prochains Gay Games auront lieu en 2006 à Chicago mais les organisateurs préparent déjà l’édition 2010 dont la ville d’accueil n’a pas encore été choisie. Trois villes sont en lice pour l’organisation des Gay Games 2010 : Johannesbourg, Cologne et… Paris !

Des militants homosexuels parisiens ont en effet constitué, sur le modèle olympique, un comité de candidature afin d’obtenir que les Gay Games 2010 se déroulent dans la capitale française (2). Leur projet vise à l’organisation d’un événement sportif et culturel de grande ampleur. Mais pas seulement. Il se conçoit aussi comme une démonstration de force du mouvement communautariste gay et un levier au service de leurs objectifs politiques. Ainsi, les promoteurs de ces Jeux d’un type différents affirment que “les Gay Games remettent en cause les préjugés, brisent les barrières et travaillent à la construction d’une identité homo sociale”" et qu’ils visent à “améliorer l’intégration des lesbiennes, des gays, des bisexuels et des transgenres dans la société” (3). C’est sans doute ce que doit symboliser la Rainbow Course prévue le 7 août 2010 qui est décrite comme une sorte de Gay Pride en petites foulées avec “les sportifs LGBT” (4).

Les promoteurs des Paris Gay Games 2010 comptent bien sur le soutien des pouvoirs publics pour rendre leur projet crédible : “L’ensemble des événements LGBT organisés sur Paris se font toujours en étroite collaboration avec les pouvoirs publics tels que la mairie de Paris, la région IDF et les départements ministériels concernés”(5). Les militants gay parisiens présentent ainsi comme un atout leur influence auprès des institutions et revendiquent une expérience du lobbying que n’avait manifestement pas l’équipe malheureuse de Paris 2012… Pour boucler un budget de près de 15 millions de dollars américains (dont pas moins de 3 millions en frais de “management et administration”), le soutien du contribuable sera en effet le bienvenu (5 millions de dollars sont espérés en subventions et sponsoring, sans précision de leur part respective). Paris Gay Games 2010 prétend déjà pouvoir compter sur le ministère de la Jeunesse et des sports et sur celui de la Culture et a reçu des lettres d’engagement enthousiastes de la région Ile-de-France et de la Mairie de Paris (6).

A l’Hôtel de Ville, les promoteurs des Gay Games ont un allié dans la place. Au sein du cabinet du maire de Paris, le chargé de mission auprès du porte-parole du maire de Paris qui suit “les relations avec les associations homosexuelles” soutient activement l’organisation des Gay Games dans la capitale. Dans une lettre adressée aux organisateurs, il se vante d’être un participant régulier aux olympiades homosexuelles depuis les Gay Games de 1998 et décrit un Paris en rose destiné à séduire la Federation of Gay Games qui doit choisir entre les trois villes candidates. Il dresse ainsi le palmarès gay de la capitale française : “la plus large palette de clubs sportifs homosexuels d’Europe” (Philippe Lasnier a d’ailleurs été lui-même président des “nageurs gay” de Paris Aquatique), “un maire ouvertement homosexuel”, “500 commerces LGBT”, “une destination touristique très prisée par les lesbiennes et les gay”, “le quartier homo du Marais” et, pour ceux qui en doutaient encore, “Paris, comme institution, soutient depuis 2001, dans la transparence, bien des associations LGBT pour leurs actions” (7).

La région Ile-de-France justifie quant à elle son soutien par un curieux raisonnement : “promouvoir une idée humaniste qu’est l’insertion pleine et entière des gays et des lesbiennes dans la société”, selon les termes de Marie Richard, vice-présidente de la région, chargée du Sport, des Loisirs et du Tourisme (8). Si l’on suit bien la tortueuse argumentation de celle-ci, c’est en soutenant l’organisation de jeux sportifs à part que l’on fera progresser l’idéal d’égale dignité des homosexuels et des “minorités sexuelles ! Marie Richard est-elle favorable à une politique de même nature pour les minorités ethniques ou religieuses ? Dans ce cas, il lui sera difficile de ne pas accorder le même soutien à de potentiels Muslim Games ou Black Games…

Comme le disait Bertrand Delanoë en d’autres circonstances, “Paris a un bon dossier”… Reste à convaincre l’ensemble de la population de l’intérêt de soutenir financièrement un projet mélangeant pratiques sexuelles et pratique sportive. Car nombreux sont ceux qui se demanderont ce qu’apporte au football, au rugby, à la natation synchronisée ou au bowling (disciplines figurant parmi les 27 sports prévus pour les Gay Games 2010) le fait que les équipes soient constituées de personnes homosexuelles. A moins qu’on leur explique que la Gay Pride est en fait une version gay du marathon de Paris !

Source : Observatoire du communautarisme

(1) Lire l’historique des Gay Games (en anglais)
(2) Voir le site de Paris Gay Games 2010 : www.parisgames2010.org
(3) Communiqué de presse du 10 mai 2005 (le lire)
(4) Page 28 du dossier de candidature (disponible dans l’espace presse du site de Paris Gay Games 2010)
(5) Page 17 du dossier de candidature.
(6) Pages 50 et 51 du dossier de candidature.
(7) Lettre de Philippe Lasnier, datée du 11 mars 2005, aux présidents de Paris Gay Games 2010 (page 50 du dossier de candidature; lettre aussi disponible en anglais en cliquant ici).
(8) Voir la lettre de Marie Richard sur le site de Paris Gay Games 2010.
On notera au passage l’oubli des “bi” et des “trans”. Marie Richard serait-elle bi-phobe et transphobe ?