29.1.06

Dépense scandaleuse de la Mairie de Paris

Le maire de Paris veut verser 100.000 euros par an à une association récemment condamnée pour un licenciement abusif où il est question de harcèlement moral et d’hétérophobie.

Le maire de Paris demande aux élus de la capitale de voter en faveur d’une convention triennale garantissant au Centre Gai et Lesbien de Paris (CGL) une subvention annuelle de 100.000 euros sur la période 2005-2007.

Dans la mesure où il s’agit de reconduire la convention qui avait été signée entre 2002 et 2004, il aurait été naturel de faire évaluer par les élus le soutien accordé jusqu’ici par Paris avant de décider son prolongement.

Il y aurait en effet beaucoup à dire sur les montants alloués par la mairie de Paris, non seulement au Centre Gai et Lesbien qui reçoit la moitié de ses recettes de la municipalité parisienne, mais aussi aux associations domiciliées au CGL (SOS Homophobie, Association des Parents Gay et Lesbiens, Beit Haverim, Melo’Men…), ce qui pose la question de doublons dans les dépenses.

Mais c’est surtout le comportement du Centre Gai et Lesbien à l’égard de ses salariés qui pose la question de son soutien sur fonds publics.

En effet, un arrêt de la Cour d’Appel de Paris en date du 11 mars 2005 a condamné le Centre Gai et Lesbien de Paris à verser 47.000 euros à son ancien directeur, Alain Mathioudakis, pour licenciement abusif et harcèlement moral.

La lecture des attendus du jugement est particulièrement instructive puisqu’on y apprend que c’est en fait l’hétérosexualité d’Alain Mathioudakis qui est à l’origine de ses problèmes. S’appuyant sur un témoignage faisant état d’un “tract diffamant, hétérophobe” et sur le fait que le code d’accès informatique de la victime avait été arbitrairement modifié pour “hétérosexualité”, les juges ont estimé que le licenciement avait pour cause “la volonté de se séparer d’un salarié dont l’hétérosexualité a été considérée comme un manque de motivation dans l’exercice de ses fonctions”. CQFD.

On est loin de l’image idyllique d’un Centre Gai et Lesbien décrit par le maire de Paris comme un “lieu d’accueil” dans son exposé aux élus parisiens. On est loin aussi de la détermination à favoriser la lutte contre le harcèlement moral et l’accueil des victimes autrefois affichée par la Ville de Paris.

L’argent des contribuables parisiens ne pourrait-il pas être mieux utilisé qu’en allant soutenir une association aussi peu respectueuse du droit à la différence et des règles du droit social ? Pourquoi ne pas utiliser ces 100.000 euros pour lutter contre l’hétérophobie qui semble se développer dans certains secteurs de la capitale ?

Clovis Barbier

Source: FAITS ET DOCUMENTS n°199-15/07/05BP 254-09 / 75424 PARIS cedex 09.
Lettre d’ informations confidentielles d’ Emmanuel Ratier.
Spécimen sur demande.
(Information trouvée sur SOSFrance, Le Salon Beige et Altermedia)